Des soignants lancent une pétition contre les LBD


Ils tentent d’alerter sur la « dangerosité extrême » des lanceurs de balles de défense utilisés lors des manifestations.

Laurent Thines est professeur de neurochirurgie au CHU de Besançon. Ces dernières semaines, il a eu accès à des rapports sur les blessures graves infligées à certains gilets jaunes, et notamment par les polémiques lanceurs de balles de défense (LBD).  

La violence des blessures qu’il a pu observer l’a poussé à lancer une pétition pour « alerter sur la dangerosité extrême de ces armes, dites sublétales ».  

« Bannir leur utilisation lors des manifestations »

« Nous, soignants [médecins, chirurgiens, urgentistes, réanimateurs, infirmier(e)s, aides soignant(e)s…] apolitiques et attachés à l’idéal de notre pays, la France, au travers de la déclaration des droits de l’homme, de la femme et du citoyen, demandons qu’un moratoire soit appliqué sur l’usage des armes sublétales de maintien de l’ordre en vue de bannir leur utilisation lors des manifestations », peut-on lire dans la pétition, disponible sur le site change.org

LIRE AUSSI >> Suspension du LBD : bataille de chiffres au Conseil d’État 

Au micro de France inter, le professeur a expliqué plus en détail sa démarche. « J’ai été très choqué, en tant que neurochirurgien, de la gravité des lésions qui étaient infligées à des personnes qui, dans beaucoup de cas, manifestaient de façon pacifique. »  

Le crâne « fracassé »

Il explique aussi avoir pu consulter des scanners anonymisés et y observer, « comme sur des scènes de guerre », des « lésions externes, des plaies du cuir chevelu, des contusions ou, chez certains patients, la perte d’un oeil et des lésions internes ». Certains patients avaient selon lui le « crâne fracassé ».  

Plus de 68 000 personnes ont pour l’instant signé cette pétition, avec de nombreux médecins et membres du personnel paramédical. Certains spécialistes, comme docteur Larbi Benali, maître de conférences à l’université de Bordeaux, spécialisé en médecine légale, estiment que cette démarche permettra peut-être d’ouvrir « un vrai débat » sur les LBD et de « s’interroger sur les moyens qui sont en notre possession pour se substituer à ces armes ».  



Source: L’express