Le directeur du Mouv’ s’explique sur la suspension polémique d’un animateur


Illustration Radio France. — LODI Franck/SIPA

Depuis ce mardi, de nombreux auditeurs du Mouv’, radio du service public spécialisée dans le hip-hop, s’interrogent sur la suspension d’un animateur d’une de ses émissions. Face à de nombreuses questions, le directeur de la radio en personne s’est exprimé à l’antenne pour éclaircir la situation.

Tout est parti d’une séquence diffusée la semaine dernière dans l’émission After Rap, lors d’un sujet consacré à
Nick Conrad. Le nom de la journaliste Charlotte d’Ornellas, « vedette de la droite ultra-conservatrice » comme la qualifiait Le Parisien en septembre dernier, vient dans la conversation. « J’ai un SMS d’Alkpote [un rappeur] qui dit « ça rime parfaitement avec salope grosse pétasse », c’est vrai que c’est un moyen mnémotechnique qui peut marcher pas mal », lance Yérim, l’un des chroniqueurs.

« Le chroniqueur a été suspendu depuis une semaine »

Des propos relayés par la fachosphère, qui a notamment sollicité Marlène Schiappa. « En déplacement au Canada, je découvre seulement cette séquence. C’est une injure publique à raison du sexe et c’est intolérable ! Les positions politiques des unes et des autres ne justifient jamais le sexisme ou ces propos abjects », réagit alors la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes ce mardi sur Twitter.

En réponse, le compte Twitter du Mouv’ lui indique alors que des mesures envers Yérim ont déjà été prises. « Quelles que soient les provocations, la réponse par l’injure n’est pas admissible, est-il écrit. La citation utilisée n’était pas appropriée et n’avait pas sa place sur l’antenne de Mouv’. Le chroniqueur a été suspendu depuis une semaine. Nous adressons nos excuses à Charlotte d’Ornellas. »

Le hic ? La découverte de cette suspension et le timing de cette réponse.

« Il ne faut pas faire de lien de cause à effet »

« L’an dernier, le Bataclan de Médine annulé parce que l’extrême droite l’a décidé. Yerim suspendu parce que l’extrême droite l’a décidé. C’est Damien Rieu [l’auteur du tweet à destination de Marlène Schiappa] le nouveau boss du rap français en fait ? », s’interroge un journaliste rap.

Face à ces interrogations, le directeur de la radio a tenu à éclaircir la situation dans la journée. « Je voulais revenir à titre personnel sur une communication qu’on a faite ce matin sur les réseaux sociaux, concernant l’émission After Rap et les propos qui ont pu être tenus en direction de Charlotte D’Ornellas, explique Bruno Laforestrie. Un chroniqueur a proféré une insulte, nous l’avons immédiatement reçu et nous avons décidé avec lui la semaine dernière de le suspendre provisoirement de l’antenne. C’est une décision que nous avons prise entre nous parce que Le Mouv’ est une grande famille dans laquelle les gens connaissent les règles. »

Le directeur a ensuite précisé les raisons de sa prise de parole : « C’était pour moi important d’expliquer pourquoi nous avons pris cette décision entre nous la semaine dernière, que Yérim a lui-même reconnu qu’il avait dépassé effectivement la limite et que, dans ce cas-là, pour nous l’épisode était strictement clos. Ensuite, que des groupes extrémistes profitent de cette occasion pour en faire une polémique, ce n’est pas le sujet du jour, nous subissons clairement de temps en temps des attaques sur le fait que nous défendons une culture, nous défendons le rap (…) Il ne faut pas faire de lien de cause à effet. Par contre ce sujet nous permet d’ouvrir un autre débat, qu’il n’est pas normal aujourd’hui d’être en permanence du fait d’une religion, d’une culture, d’une musique, d’être mis en porte-à-faux voire d’être attaqué de manière très virulente sur les réseaux, sur notre antenne. »

 





Source: 20minutes