L’accès à l’IVG en 2014, encore un parcours d’obstacles ?


On compte chaque année 210 000 avortements en France. Malgré sa fréquence, un avortement n’est jamais simple pour la femme qui doit le subir. Bilan des obstacles à franchir en 2014 pour une IVG, 40 ans après le vote de la loi Veil.

L'accès à l'IVG en 2014, encore un parcours d'obstacles ?

Aujourd’hui en France, une femme sur trois aura recours à un avortement au moins une fois dans sa vie. Cette fréquence ne doit pas cacher les difficultés rencontrées par les femmes pour faire un choix, s’informer, consulter ou demander une interruption volontaire de grossesse (IVG) dans les délais.

L’accès à l’information incomplet ou biaisé

Certains sites Internet, qui prétendent répondre aux femmes en quête d’informations, les orientent en fait vers un interlocuteur qui cherche à les dissuader d’avorter. Pour lutter contre ce biais, le gouvernement a mis en ligne un site de référence, Il détaille les droits des femmes et indique où s’informer et consulter.

Les réticences ou les refus de certains médecins

  • La grossesse, une négligence ?

Les témoignages de femmes subissant une forme d’opprobre lors d’une demande d’IVG ne manquent pas. Même certains professionnels de santé peuvent reprocher à une patiente de s’être montrée maladroite, distraite ou négligente dans l’usage de sa contraception.

  • Le refus de prise en charge

Les structures médicales font parfois défaut dans leur vocation d’accueil.


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« Dans de nombreuses structures, les femmes sont bien accueillies et il y a des équipes engagées », explique à l’AFP Véronique Séhier, co-directrice du Planning familial. Pourtant, « dans certains hôpitaux, des médecins renvoient les femmes sans forcément leur donner de solution ou ne pratiquent pas l’IVG entre 10 et 12 semaines » de grossesse.

De fait, les médecins disposent du droit d’invoquer une clause de conscience pour refuser de pratiquer un avortement. Ils ne peuvent cependant pas s’opposer à ce qu’une IVG soit pratiquée dans leur service.

  • Peu de soutien psychologique

Enfin, même en cas d’intervention, le soutien ou le suivi psychologique de la part des professionnels de santé s’avère trop souvent faible, voire inexistant.

Le manque de structures d’accueil

L’accès à une structure pratiquant l’IVG n’est pas garanti partout et pour toutes. Dans ces conditions, le délai de 12 semaines est parfois dépassé, ce qui peut pousser certaines femmes à renoncer à l’intervention ou encore à avorter aux Pays-Bas, en Espagne ou en Grande-Bretagne, où le délai est plus long.

Un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes datant de 2013 indiquait que plus de 130 établissements pratiquant l’IVG ont fermé depuis 10 ans pour des raisons financières, soit 5 % des établissements publics et 48 % des établissements privés.

De plus, 37 % des gynécologues partiront à la retraite dans les cinq ans, annonce le Haut conseil à l’égalité (Source : HCE).

Une méthode d’IVG pas toujours adaptée

L’IVG chirurgicale recule au profit de l’IVG médicamenteuse, appliquée dans 60 % des cas en 2012.

Pourtant, au-delà de sept semaines de grossesse, l’IVG médicamenteuse n’est pas conseillée par la Haute autorité de santé (HAS) car elle peut se révéler douloureuse : « Plus l’IVG intervient précocement durant la grossesse, plus le risque de complications est faible » (Source : Recommandations de bonnes pratiques, IVG médicamenteuse).

Là encore, la communication et l’attention apportée aux patientes pourraient être améliorées.

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Source: Sante Magazine