Le burn-out bientôt reconnu maladie professionnelle ?


Dans une tribune publiée le 7 décembre 2014 dans le Journal du dimanche, une trentaine de députés réclament la reconnaissance de l’épuisement professionnel. Leur appel fait suite à celui de médecins du travail début décembre.

Le burn-out bientôt reconnu maladie professionnelle ?

Selon les dernières estimations du cabinet Technologia, spécialisé dans les risques psychosociaux, 3,2 millions de personnes sont menacées par le burn out, soit 12 % de la population active en France.

De plus en plus de salariés craquent au boulot, après avoir tenté de résister à la pression et au rythme effréné de leur entreprise. Leur erreur : avoir ignoré les signes d’alerte comme les troubles du sommeil, les maux de tête, de ventre ou de dos… Conséquence : ils s’effondrent du jour au lendemain et partent en congé maladie, souvent pour plusieurs mois.

« Une situation inéquitable  »

C’est cette situation absurde que dénonce une trentaine de députés dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, le 7 décembre 2014. Ces députés proposent que le burn out soit reconnu comme une maladie professionnelle.

Plus précisément, ils souhaiteraient que la dépression consécutive à un épuisement profond ainsi que le stress post-traumatique au travail soient inscrits au tableau des maladies professionnelles.  

À ce titre, les personnes concernées pourraient être indemnisées par la branche ATMP (accidents du travail-maladies professionnelles) de la Sécurité sociale, financée à 97 % par les cotisations patronales ; et non plus par le régime général, financé par la collectivité. Les signataires de l’appel estiment qu’on mettrait ainsi fin à « une situation inéquitable ».

Obtenir réparation, une procédure aujourd’hui très compliquée

Le 1er décembre, une centaine de médecins du travail avaient publié, dans l’hebdomadaire Marianne, une lettre ouverte adressée à Marisol Touraine, ministre de la Santé et aux parlementaires. Pour eux, il y a urgence à inscrire le burn out au tableau des maladies professionnelles :


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« Combien de ces burn out se terminent-ils par un acte suicidaire ? Combien, par un accident de voiture inexplicable ? Combien, par une maladie générale ou des troubles musculo-tendineux ? A-t-on jamais réussi à en évaluer le coût spécifique pour la collectivité ? », écrivent-ils. 

Actuellement, un salarié victime d’épuisement professionnel doit suivre une procédure compliquée pour tenter d’obtenir réparation. Son dossier est examiné par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles qui statue sur les cas « hors tableaux » ; et son taux d’incapacité partielle permanente (IPP) doit être supérieur à 25 %. Très peu de salariés se lancent dans cette démarche.

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La balle est dans le camp du gouvernement

Il appartient au gouvernement de modifier par décret la liste des maladies professionnelles. Ce changement est habituellement le résultat d’une concertation avec les professionnels de santé, les syndicats, le patronnat et l’Assurance maladie. Autant dire que le burn-out présente aujourd’hui peu de chances d’être ajouté rapidement au tableau des maladies professionnelles.

Retrouvez ici la liste des maladies professionnelles pour le régime général (non agricole).

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Source: Sante Magazine